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Episode #2 – Lever les poteaux

Par Pablo Gonzalez
Bim Manager GSE

J’ai été le deuxième ingénieur GSE à participer à la réalisation du projet. Lorsque je suis arrivé, Mariama avait terminé l’ensemble des travaux de fouilles de fondations, et les bétons de propreté étaient déjà coulés sur l’ensemble des massifs. Une petite dizaine de poteaux étaient déjà levés.

Ma première contribution sur ce chantier a donc été de revoir avec les équipes sur place le mode opératoire pour le levage des poteaux (manuel, trois ouvriers lèvent un IPE 130 à la force des bras). En effet, les moyens sur place restent très rudimentaires, le contrôle, la sécurisation des personnes et la stabilité en phase montage étaient quelques peu inquiétants. Les poteaux tenaient uniquement avec un acier planté dans le sol et soudé sur le poteau mis en place. C’est pourquoi j’ai tenu à renforcer les « poteaux » stabilisateurs (qui se trouvent en réalité être des aciers, plantés dans le sol et soudés sur le poteau).

J’ai donc assisté pendant mes premiers jours au montage de l’ensemble des poteaux. En parallèle du montage des poteaux, j’ai aussi eu l’occasion de réaliser la mise en place des armatures et le coulage des fondations. Plusieurs points de vigilance m’ont interpellé lors de ces opérations.

Le premier était la réalisation du béton sur place. Les ouvriers posent des tôles ondulées à même le sol, et avec une brouette, ils vont charger le sable et les graviers (à environ 50 de mètres de là, car les camions de livraison ne pouvaient pas accéder jusque-là). Ensuite, les sacs de ciments étaient renversés sur le tas. Pour malaxer, un ouvrier tient un tuyau d’eau et deux autres mélangent la mixture.

Le seul moyen de contrôler la quantité d’eau était donc de faire un contrôle visuel de la fluidité du béton avant coulage. J’ai donc décidé de participer à toutes les opérations de coulage, malgré avoir expliqué aux locaux l’importance du dosage d’eau dans un béton structurel, afin de m’assurer de la bonne exécution des fondations.

Le deuxième point de vigilance a été la vérification des enrobages des aciers, déjà mis en place en fond de fouilles. Je me suis rendu compte que certains ferraillages étaient bien calés pour permettre un enrobage de 5 cms minimum, mais à certains endroits, ils avaient été moins rigoureux et parfois le ferraillage touchait directement le béton de propreté coulé précédemment.

J’ai donc contrôlé TOUTES les fondations et leurs ferraillages avant coulage, faisant rajouter des cales là où j’estimais qu’il était nécessaire de les mettre car l’enrobage n’allait pas suffire :

J’ai donc accompagné, sur 4 jours, les équipes de coulage pour assurer le respect du strict minimum pour réaliser des travaux dans les Règles de l’Art.

Mon dernier point d’alerte sur les semelles de fondation a été la vérification de la bonne vibration (avec aiguille vibrante). En effet, ils avaient tendance à ne pas trop vibrer le béton, mais uniquement à la fin, une fois que le coffrage était rempli de béton. Je leur ai dit et montré qu’il était préférable de le faire à l’avancement du coulage, pour garantir l’homogénéité du béton et donc participer aussi à la résistance de prise.

Une fois les travaux de fondation terminés, nous avons laissé trois jours avant d’attaquer les travaux de longrines. Nous en avons profité pour continuer les travaux de terrassement en vue du futur aménagement de l’internat.

Franck est arrivé à ce moment-là, et nous avons pu terminer ensemble le coulage des longrines. J’avais partagé avec lui les points de vigilance à avoir et à deux nous avons supervisé le coulage des longrines. Ci-dessous une image de la mise en place du béton de propreté (briquette + béton).

Une autre de mes missions a été de mettre en place les outils de suivi du budget et de facturation, de façon à avoir une vision claire des dépenses engagées et du reste à engager.

J’ai travaillé sur la base de la méthode GSE, avec la mise en place d’un tableau Excel dans lequel nous avons retranscrit le marché de base, et le marché actuel. Cela nous permet de voir rapidement quels postes sont surestimés, lesquels le sont moins, et d’identifier les pistes d’économies à réaliser.

Le plus dur dans cette affaire a été de sensibiliser Pramod et Ramesh, l’ingénieur local, à l’importance de la saisie d’un tableau Excel que j’avais soigneusement préparé, dans lequel ils devaient reporter chaque semaine les dépenses de main d’oeuvre et les dépenses de matériaux réalisées pour le chantier. En effet, nous, ingénieur GSE, ne sommes pas en mesure d’effectuer ce travail pour la simple et bonne raison que nous ne comprenons pas le népalais, et que ce n’est pas le même alphabet que nous.

A partir de leur tableau bien renseigné, l’ingénieur GSE sur place est en mesure de faire le reporting nécessaire sur notre tableau de suivi du budget GSE.

Outre ma mission dans le cadre de GSE Foundation, j’ai également participé, avec la collectivité et le maire, à l’établissement de plans d’aménagement en vue de la construction d’un parc pour personnes âgées.

Ce projet va se réaliser courant 2019,  sur un terrain qui est tout proche de l’internant actuel, c’est pourquoi j’ai souhaité y participer. Ce parc, initialement prévu pour que les personnes âgées aient un endroit pour aller se balader et s’asseoir sur des bancs, permettra aux enfants d’aller y jouer également, surtout si la municipalité prévoit une aire de jeux comme il en a été question lors des discussions sur la conception auxquelles j’ai participé.